Historique de l'Accordéon

Le ShowRoom

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L’ACCORDEON DEPUIS SES ORIGINES…

Deux instruments sont à l’origine de l’accordéon:

1) Le Sheng ou khen d’Orient (Chine, Cambodge notamment)
est une sorte d’orgue à bouche ou « aérophone à anches libres », datant a priori de 3000 avant JC.

A la fin du XVIIIème et début XIXème siècle, les contacts avec l’Orient se sont multipliés; c’est ainsi que des instruments asiatiques apparaissent en Europe.
Le révérend Joseph Amiot publie en 1776 des traités sur le fonctionnement à anches libres du sheng.

Principe: il suffit de souffler ou d’expirer dans les tubes pour produire des sons; généralement on joue plusieurs notes en même temps pour former des accords et accompagner un autre instrumentiste (hautbois ou flûte). Possibilités d’effets sonores: trémolos et glissandi dans les aigus.
Ce système d’anches libres est utilisé ensuite dans la conception de l’ harmonium (breveté en 1848 par le facteur français Debain – 1809-1877), de l’harmonica (à anches à hauteur fixe), de l’ accordéon et du concertina.

2) La guimbarde, existant depuis l’époque gallo-romaine sur toutes les contrées du monde.
Elle est très utilisée dans les films de westerns (Ennio Morricone).

Instrument en métal (bambou ou bois en Orient) de 10 à 12 cm. Une branche en métal (laiton) est repliée en forme de cadre ouvert, au centre duquel est fixée (par une de ses extrémités) une fine membrane d’acier ayant le rôle d’ « anche libre ».

Maniement:
on tient l’instrument contre les dents entrouvertes, on chantonne afin d’émettre des vibrations. La cavité buccale permet la variation de notes sur 2 octaves maximum ainsi que la variation de timbres en rétrécissant plus ou moins le gosier. On actionne la membrane avec le doigt.

Invention au début du XIXè siècle du « physharmonica » (anches libres mises en vibration par l’air emmagasiné dans des soufflets) par l’autrichien HAECKL. Le berlinois BUSCHMANN reprend ce système vers 1822 et réduit la taille de ces soufflets: il conçoit l’harmonica à bouche et le premier accordéon.

Cependant, l’ « Akkordion » moderne est inventé et breveté en 1829 par l’autrichien Cyrillus DEMIAN (1772-1842).
Il s’agit d’un petit instrument à anches libres métalliques, dont la ventilation est assurée par un soufflet à main, et muni de 5 touches à la main droite permettant d’obtenir 10 accords (ce qui permet de s’accompagner: chant + accompagnement d’ accords – d’où son nom). Mais pas de basses…
L’accordéon est donc un instrument polyphonique.
Il s’agit en 1829 d’un accordéon simple, « bi-sonore », car on a 2 sons différents par touche, selon que l’on pousse ou que l’on tire le soufflet. Le terme « diatonique » n’est exact que lorsque cet accordéon ne possède qu’une seule rangée de boutons, une gamme diatonique uniquement (gamme suivant le schéma ton / ton / demi-ton / ton / ton / ton / demi-ton)

Dans le même temps, l’anglais WHEATSTONE invente en 1829 le « symphonium » dont les anches ne vibrent que si elles sont auparavant libérées par des boutons-touches. Il le fait ensuite évoluer vers le « concertina » (créé vers 1830), devenu cher aux clowns!

Vers le milieu du XIXème siècle, le facteur français BUSSON conçoit un accordéon avec des touches « piano » à la main droite, mais sans basses. Il repose sur les genoux et la main gauche actionne le soufflet (comme l’orgue portatif du Moyen-Age).

Cependant, comme les anches ne vibrent que lors du « poussé », on lui rajoute une soupape et un sommier pour remplir ce soufflet lors du « tiré ».
D’autre part, les anches en cuivre sont doublées par un jeu de « trémolo ».
A partir de la fin du XIXème siècle, la ville italienne de CASTELFIDARDO devient la Mecque de la fabrication des accordéons.

Puis, vers 1900, les innovations permettent la création d’un accordéon « uni-sonore » ou « chromatique ». On obtient un seul son par note: en effet, la touche produit le même son, que l’on pousse ou que l’on tire le soufflet.

Cela nécessite donc 2 anches par note: l’une produisant l’air quand on pousse, l’autre quand il sort du soufflet.

Vers 1910, le remplacement des boutons de la main droite par des touches style « piano » est accompagné de l’apparition de basses « chromatiques » (une seule note par bouton à la main gauche).

Différents accordéons, au fil du temps…

Deux systèmes cohabitent pour des instruments adaptés et adoptés par des types de musique très divers : l’accordéon bi-sonore et l’accordéon chromatique.

  • Bi-sonores : ils ne produisent pas le même son selon que l’on tire ou que l’on pousse le soufflet.
  • Chromatiques: ils produisent le même son, que l’on pousse ou que l’on tire le soufflet.

ACCORDEONS BI-SONORES

Le « mélodéon » allemand: à mécanisme simple (« diatonique »), utilisé pour la musique populaire. Il ne possède qu’une rangée de 10 boutons. Deux boutons (à la main gauche) font sonner les basses (accords préparés) de tonique et dominante.

L’accordéon « français »: à mécanisme simple ou « diatonique » (avec parfois incrustations d’acajou, touches en nacre, anches en cuivre…) que l’on trouve surtout dans les salons vers 1840. C’est l’instrument au timbre idéal pour la musique « musette »; de plus, cet instrument est léger et peu encombrant. Il s’adapte particulièrement à toutes les musiques populaires et s’est répandu dans le monde entier (Mexique, Canada, Irlande…)

Le sommier est muni d’anches libres des 2 côtés.
Le châssis est muni de deux fenêtres, recouvertes chacune d’un côté d’une anche libre (métallique), de l’autre par une languette de cuir. Quand une anche vibre, l’autre côté reste chapeauté par la peau; l’une des anches vibre quand on pousse (compression), l’autre tandis que l’on tire (aspiration) sur le soufflet.

On utilise le « diato » dans la musique traditionnelle et folklorique.

Ils peuvent avoir de 2 à 5 voix à la main droite et entre 3 et 5 voix à la main gauche.
Les registres éventuels permettent de mélanger différentes voix.

ACCORDEONS CHROMATIQUES

L’accordéon « chromatique » anglais: il possède deux rangées de boutons, la seconde accordée un ½ ton plus haut que les boutons de la première rangée.

Puis, vers 1946, on passe à 3 rangées de boutons la main droite, accordées à ½ ton plus haut (si/do/do#). Vue la disposition des boutons, la difficulté est de parvenir à jouer dans toutes les tonalités alors qu’il faut changer sans cesse de doigté… Tandis que sur un modèle à 5 rangées, un seul doigté permet de jouer dans toutes les tonalités!
C’est l’instrument exquis pour les danses populaires anglaises, écossaises. Possibilité de rajouter des registres grâce à des touches supplémentaires (« trémolo dièse », « trémolo bémol », octaves supérieures et inférieures)

L’accordéon touches « piano »: à la place des boutons, on a des touches de piano impliquant un fonctionnement uni-sonore ou « chromatique ». On peut avoir de 8 à 120 boutons pour les basses.
Exemples: un modèle à 32 basses possède un clavier main droite de 2 octaves (sur « si2 »). Sur un modèle 120 basses, le clavier couvre 3 octaves et ½ (sur « fa2 »), avec 11 registres (ou « jeux » de timbres: basson, violon, bandonéon, ainsi que trémolos et octaves). Les boutons de la main gauche sont disposés en 6 rangées, marchant entre elles en quintes.
Cet instrument est muni de « basses chromatiques » ou « basses libres ».

Deux systèmes cohabitent:

Basses composées : un bouton = une seule note ou un accord préparé.
En diagonale, depuis le haut jusqu’en bas (exemple avec Do):

  • 6ème rangée: « contrebasse » (tierce Majeure de la fondamentale : Mi)
  • 5ème rangée : note fondamentale (Do)
  • 4ème rangée: accord composé Majeur (do-mi-sol)
  • 3ème rangée: accord composé mineur (do-mib-sol)
  • 2ème rangée: accord composé de septième Majeure (do-mi-sol-sib)
  • 1ère rangée : accord composé de septième diminuée (do-mib-solb-la)

Basses chromatiques (un bouton = une note)
A déclencheur: un système mécanique permet de passer du clavier originel à « basses chromatiques » à un clavier à « basses composées ».
Sans déclencheur: impossibilité de modifier le clavier.
On trouve aussi cet accordéon muni de d’un clavier main droite à touches « piano »

L’accordéon de concert, « classique », comporte à la fois le système chromatique et celui des basses composées. On passe de l’un à l’autre système (à la main gauche) au moyen d’un déclencheur (barre transversale).

On en joue parfois dans la musique traditionnelle car son système chromatique permet d’aborder toutes les tonalités. Sa puissance sonore est supérieure à celle d’ un accordéon diatonique et ses sonorités sont très variées.
De même, il peut être utilisé dans la musique de danse ou de jazz, grâce à l’ajout d’ une boîte de résonance.

NB: Boîte de résonance:
A partir de la fabrication d’accordéons à 3 voix (haut de gamme), on peut trouver au cœur de l’instrument un coffret en bois ou métal dans lequel chante une voix de basson (grave). Ce coffret possède parfois deux voix (généralement basson et piccolo ou basson et flûte) en basses composées ou chromatiques; il est dans ce cas appelé « double boîte de résonance ».

Différents registres ou « timbres »:

  • musette (registre 3 voix de flûtes) 
  • flûtes (piccolo, juste, haute et basse)
  • basson et double-basson

Pour aller plus loin:
Livre d’Arnold WEIRIG: « Guide de dépannage d’accordéons »
5 rue des Trincombelles
52300 BLECOURT

AUTRES INSTRUMENTS à anches libres

HARMONICA

L’harmonica a été inventé par Christian BUSCHMANN (1805-1864).
Il s’agit alors d’une pièce centrale en cèdre qui comporte des ouvertures carrées (ou « gravures ») correspondant aux 10 anches de cuivre. Et recouverte de 2 plaques dans lesquelles sont rivetées les anches (soit un total de 20 anches).
Ce petit instrument à bouche ressemble à une flûte de Pan car les anches ne fonctionnent que si on souffle…
Système bi-sonore : on obtient un son différent si on souffle ou si on aspire.

Matthias HOHNER développe le procédé et atteint la popularité que l’on connaît.

Il existe aussi :

  • des harmonicas chromatiques. En fait, il s’agit de la superposition de 2 harmonicas dont l’un est accordé un ½ ton au-dessus de l’autre. Sur le côté, un bouton à ressort permet de bloquer l’une ou l’autre des rangées. Amplitude d’environ 3 octaves.
  • des harmonicas à accords composés (1 accord par trou : fondamentales en soufflant, septièmes de dominante en aspirant).
  • des harmonicas basse, sonnant à l’octave grave et donnant une gamme chromatique de 14 sons, compris entre do2 et do#3.
    Toutes les notes sont obtenues en soufflant (système bi-sonore).

BANDONEON

Le bandonéon a été mis au point vers 1850 par l’allemand Heinrich BAND – d’où son nom. Il s’agit d’un dérivé du concertina allemand de Karl Friedrich UHLIG (1834). Mais dans un bandonéon, il y a davantage de notes et de voix.

Ses dimensions: instrument rectangulaire de 12,5 cm x 21,5 cm, muni de 5 boutons auxquels correspondent deux sons par bouton, selon que l’on tire ou que l’on pousse le soufflet (cf. accordéon bi-sonore).
Il devient uni-sonore (ou chromatique) à partir de 1920.
Le son est très particulier puisque les côtés des anches (non effilées) sont parallèles. Il y a deux anches par note, accordées à l’unisson (8’) ou à l’octave (4’), mais sans trémolo.

La fabrication du bandonéon est surtout allemande (1846-1971); les demandes affluent rapidement d’Argentine où cet instrument fait merveille dans le répertoire du tango « argentin » (immortalisé par le compositeur Astor Piazzola); le facteur allemand Ernest Louis ARNOLD (1828-1910) y commercialise sa marque ELA.

CONCERTINA

Il existe 2 sortes de concertinas:

  • Le concertina anglais, inventé par l’anglais Charles WHEATSTONE (inventeur de la télégraphie électrique) et breveté en 1829.
    Sur le clavier, les notes sont rangées alternativement à la main droite et à la main gauche. On ne peut donc avoir qu’une mélodie, avec tout de même des possiblités de doubles notes.
    Dans ses débuts, il est bi-sonore (2 sons différents pour une seule note, selon que l’on tire ou que l’on pousse sur le soufflet); mais très rapidement (vers 1833), il devient chromatique (uni-sonore, soit 1son par note, que l’on pousse ou que l’on tire) et ce mode de fabrication reste la norme. Il sonne généralement à une seule voix.
    Facteurs: firmes WHEATSTONE (jusqu’en 1968) et Henry CRABBE (jusqu’en 1980).
    Comment le reconnaître: instrument léger et de forme hexagonale, parfois octogonale – rarement carrée.
    Fabrication artisanale et surtout en Grande-Bretagne.
  • Le concertina allemand: (ou « anglo-allemand ») élaboré en 1834 par le facteur allemand Karl Friedrich UHLIG.
    Ce concertina est bi-sonore et passe de deux tonalités à toutes les combinaisons chromatiques possibles. La version la plus répandue en Grande-Bretagne vers 1850 est celle à 2 rangées. Il sonne de 1 à 5 voix.
    A la fin du XIXème siècle, le concertina anglais parvient au comté de Clare (à l’ouest de l’Irlande) où il devient indissociable de la musique folklorique irlandaise.

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